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Antoine DEMUSOIS ancien maire d'Arnouville

Antoine DEMUSOIS

Homme politique et syndicaliste, maire d'Arnouville de 1934 À 1947. Il est né le 4 Août 1895 au Creusot en Saône et Loire, et décédé le 4 Janvier 1968 à Fleury-mérogis dans l'Essonne.
Ce militant communiste de la première heure eut une vie politique bien remplie à partir de sa venue à Arnouville en 1935,
consacrée à la gestion de notre commune.

Voici les faits les plus marquants de sa carrière politico-syndicale.

Employé à la Compagnie des Chemins de Fer de Paris et Orléans, il adhère dès 1910 au Syndicat des Cheminots, étant alors seulement âgé de 15 ans, et en 1912 à la S.F.I.O.
A la déclaration de la guerre, il s'engage et est incorporé au 6ème bataillon des chasseurs. Envoyé sur le front en 1915, il est blessé et fait prisonnier. Après la guerre de 14-18 commence pour lui une activité syndicale intense. Embauché dans diverses usines,il participe activement aux grèves de la Métallurgie. A l'occasion de meetings, il exhorte fréquemment les grévistes à la résistance et préconise la Révolution Sociale. Il se disait libertaire et partisan de la grève générale.

-En 1920, il entre à la Compagnie des Chemins de Fer de Ceinture et continue à militer activement. L'année suivante, lors de la scission de la S.F.I.O., il adhère au "nouveau Parti Communiste"
dont il devient très rapidement secrétaire de la 13ème section de la Seine. Il entre très vite au bureau de la fédération communiste de la Seine.

-En 1923 Antoine Demusois est élu membre du Comité Directeur du Parti Communiste et secrétaire adjoint de la Fédération des Cheminots. Il entre ensuite au Comité Central et devient membre de la commission syndicale du Parti.

-En 1926, il se rend en U.R.S.S. pour participer au congrès pan-russe des Cheminots.
-De 1926 à 1935 il est aussi Secrétaire de la Fédération Unitaire des Cheminots.

Employé au journal "L'humanité", il se lance dans la politique en 1932 sous les couleurs de son parti. Il est battu aux élections législatives de 1932 dans la 2ème circonscription de Sceaux.
Il participe au congrès d'Amsterdam contre la guerre et le fascisme, comme représentant des cheminots.

Il vient habiter à Arnouville en 1934 et est élu rapidement maire, puis conseiller général. En plus de la gestion de la commune, il devient, l'année suivante député de la 2ème circonscription de Seine-et Oise (Pontoise).

Comme député, Antoine Demusois fait de nombreuses interventions, concernant particulièrement les moyens de transports (scolaires, tarifs, statuts...). A la veille de la seconde guerre mondiale, il est membre de la Commission Centrale de contrôle des finances du Parti Communiste et membre de la région Paris-Nord de ce parti.

-En 1939, après la déclaration de la guerre, et suite au pacte "germano-soviétique" le Parti Communiste Français est dissout et les députés communistes sont arrêtés. Pour sa part, Antoine Demusois est arrêté à Arnouville.

Condamné À 5 ans de prison le 3 Avril 1940 pour constitution du groupe Ouvriers et Paysan Français, puis incarcéré à la prison de la Santé à Paris, il est finalement transféré à la prison de "La maison carrée" à Alger. I l y est libéré en novembre 1943 lors du débarquement américain en Afrique du Nord.

Il fait ensuite parti du Comité de Libération Nationale présidé par le Général de Gaulle et est nommé secrétaire général de la France Combattante au Conseil National de la Résistance. Rentré en France, il retrouve sa fonction de maire. Il figure aussi en octobre 1945 au procès Laval, en tant que parlementaire.

Conseiller général du canton de Gonesse, Antoine Demusois siège également aux assemblées constituantes de 1945 et 1946. Il devient député de Seine-et-Oise en 1946, mais lors des élections municipales de 1947, il perd la mairie d'Arnouville au profit du socialiste Paul Mazurier.

-En 1948, il est élu au Sénat et quitte son siège de député de Seine-et-Oise, qu'il retrouve finalement aux élections de 1951. Réélu député en 1956, il est battu  aux législatives de 1958 par ce même Paul Mazurier, maire d'Arnouville.

Pendant son internement en 1940, la Préfecture nomma une "délégation spéciale",qui, présidée par M.Forgues fut chargé d'administrer la commune. Puis lors de l'installation de "l'Etat Français" , un conseil municipal et un maire non élu, M.Chaboussant, furent désignés pour gérer la commune.

A la libération, Messieurs Bourlon et Vidal, représentant les F.T.P., prirent possession de la mairie au nom d'Antoine Demusois (toujours en Algérie) du fait que celui-ci occupait la mairie au début de la guerre.

Antoine Demusois retrouva ainsi, quelque temps après, son poste de maire, non en tant que membre du Parti Communiste Français, mais bien bien comme étant le légitime occupant de la mairie, élu démocratiquement aux dernières élections de 1935.

La plaque de la rue "Antoine Demusois" posée en 1977 à Arnouville mentionne: maire de 1934 à 1947, faisant abstraction de la période 39 à 44 où la mairie était tenue par des personnes non élues mais désignées par le pouvoir...

Membre de la commission de contrôle financier du Parti Communiste jusqu'en 1959, Antoine Demusois fut aussi directeur du journal "La Renaissance de Seine et Oise".

Il fut également de 1945 à 1947, le 1er Président du SIAH, (Syndicat Intercommunal pour l'Aménagement Hydraulique des vallées du Croult et du Petit Rosne)

Après cette carrière bien remplie, dont une partie a été consacrée à la gestion communale d'Arnouville, il mourut retiré de la vie politique à Fleury-Mérogis à la suite d'une hospitalisation.

Il est enterré au cimetière d'Arnouville, avec des membres de sa famille, dont son beau-fils Raymond Bergogne.

Sur cette tombe, est écrit le nom d’un autre résistant : Raymond Bergogne.

Il est né le 4 janvier 1916 à Paris (14ème).C’est le fils de Jean-Marius Bergogne(1893-1917) et de Marie-Jeanne Lenglet (1895-1980).

Veuve, sa mère épouse Antoine Demusois, le 24 avril 1920, à Paris (13ème), cheminot, membre du Parti communiste, maire d’Arnouville-lès-Gonesse (Seine et Oise) en 1936. Ce dernier deviendra député en 1946 et sénateur en 1951.

Quant à lui, il se marie le 21 janvier 1939 avec Marthe Jouin (1915-1996). Raymond Bergogne travaille, comme tourneur, chez Renault dans les années 1934-1936. Puis il entre à la Société des Moteurs Gnome et Rhône  (SMGR) le 25 août toujours comme tourneur. dans le fichier de la SMRG  il est porté sorti à l’exode du 30 juin 1940. Cette même année, il s’engage alors dans l’Organisation Spéciale (OS) qui donnera naissance aux FTPF. Il devient lieutenant FTPT, sous le pseudo de «Berthier» et participe à de nombreuses actions contre l’ennemi.

Arrêté le 23 mai 1941 pour activité anti-allemande, il est condamné en novembre 1941 aux travaux forcés à perpétuité. Incarcéré à la prison de la Santé, puis à Fresnes, il est transféré à la Centrale de Fontevrault. Enfin le 17 septembre 1943, on l’envoie à la centrale de Blois. Le 18 février 1944, il est livré par Vichy aux autorités allemandes pour aller au camp de Royallieu près de Compiègne (Frontstalag 122). Il quitte Compiègne par un convoi du 28 février 1944 pour l’Allemagne. Il arrive le lendemain au camp de Neue Bremm à Sarrebruck (convoi 1 182). Ce camp, où  les déportés restent environ 3 semaines, est destiné à leur briser le moral. Puis le 26 mars 1944, il est envoyé à Mauthausen, classé NN (Nacht und Nebel, soit Nuit et Brouillard).Il part le 3 mai1944 vers le camp de Passau. Puis il quitte le 4 novembre 1944 Mauthausen pour le camp de Flosseburg. A partir de novembre, il est affecté à Zchachwits. Il est libéré le 18 mars 1945 et rapatrié le 28 juin 1945. Très affaibli (il pèse 25kg pour 1,70m), il décède le 5 juillet 1945 à Arnouville-lès-Gonesse au 35 de la rue Robespierre (ancienne rue de la Justice Malot).Il est inhumé dans le caveau, au cimetière d’Arnouville. Le titre de «déporté résistant» lui est décerné le 17 avril 1962 et la mention «mort pour la France» le 23 septembre 1963. Raymond Bergogne est titulaire de la médaille de la résistance.

Une rue de la commune porte son nom.

Voici sa biographie extraite du livre «Gnome et Rhône-39-45-Parcours de 67 salariés».Ce dernier a été réalisé par l’Association d’Histoire Sociale CGT de la SNECMA

 

Nombreux sont ceux qui le surnommaient familièrement, mais avec beaucoup de sympathie "Bouboule" au regard de sa corpulence et d'une certaine bonhommie qui émanait de sa personne.

Cet article a été établi par les membres du Club, mais aussi avec l'aimable participation de M. Maurice Bonnard, maire-adjoint de Villiers-le-Bel et les notes biographiques du mouvement ouvrier français de J. Maitron, "Les Éditions Ouvrières, 4ème partie, tome 25. "

Antoine Demusois
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Charlet Bernard
Invité
Charlet Bernard

J'ai bien connu Monsieur Antoine Demusois il habitait rue Robespierre en face de la rue St juste. Sa femme était très gentille surtout avec nous les gamins.C' était un sacré orateur, pas besoin de micro. C' était un homme charmant et toujours prêt à vous raconter l' Histoire avec un grand H.

Martayan René
Invité
Martayan René

Mr et Mme Demusois étaient mes voisins d'en face et leur petit fils Jean Claude Bergogne mon copain d'enfance.La famille Raymond Bergogne habitait sur le même palier que mes parents jusqu'en 1942.Je pense que ma mère a été l' une des dernières à voir Raymond Bergogne vivant. La gestapo l'a amené ensanglanté ,il avait été battu ,sur le palier où il avait habité. Ma mère a été interrogé sur les activités de R.Bergogne. Aucun renseignement négatif n'ayant été donné,il été ramené manu militari et personne ne l'a jamais revu.

Bergogne Jean Claude
Invité
Bergogne Jean Claude

Fils de Raymond Bergogne, "petit fils" d'Antoine Demusois" je vous signale 3 erreurs dans la biographie ci-dessus : - Date de naissance d'Antoine Demusois : 4 août 1895. - Antoine Demusois a toujours vécu au 35 rue Robespierre à Arnouville. il est bien mort à Fleury Mérogis le 14 janvier 1968, mais où il y était hospitalisé. - Raymond Bergogne est mort à Arnouville chez sa mère le 5 juillet 1945 à son retour de déportation, du camp de Mathausen. Après avoir été interné à la Santé, puis à Fresnes, puis à Fontevrault, puis à Blois (17/9/1943) enfin à Compiège… Lire la suite »

Bergogne Jean Claude
Invité
Bergogne Jean Claude

Jean Rothiot est lié à Arnouville du fait de son mariage le 1er janvier 1940 avec Antoinette Demusois fille d'Antoine et Jeannette Lenglet. Son destin est intimement lié à leurs activités communes, et son arrestation ainsi que sa déportation, dont il n'est pas revenu, a les mêmes origines que l'arrestation du député maire Antoine Demusois et que le sort réservé à Raymond Bergogne, tous deux déportés politiques ....et Jeanine Rothiot, ma cousine a eu le même avantage d'être pupille de la nation ..
cordialement
Jean Claude Bergogne

Bergogne Jean Claude
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Bergogne Jean Claude

Bonjour,
Sa petite fille, Sandrine Bourdel, qui habite maintenant au 35 rue Robespierre devrais être capable via sa mère de vous donner les réponses

dal bosco
Invité
dal bosco

j'ai moi aussi bien connu M. Demusois il avais à l'époque si je me souviens bien une ami .il y avait un lien de parenté avec le famille Lizart. notamment avec ma grand mère Léontine Lizart qui vivait 8 av.Chenier.aujourd'hui il ne reste plu que Marcel Lizart qui vie rue Raymond Bergogne.mon beau père était Gabriel Lizart que j'ai toujours considéré comme mon père Pierre Lizart était le frère de marcel et Gabriel

Lizart
Invité
Lizart

Bonjour, je m'appelle Manon Lizart. Je n'ai jamais connue ma famille du côté paternel. Auriez-vous des informations ? Mon grand père s'appelait Gabriel Lizart.Il avait divorcé de sa première femme et avait eu un enfant avec elle. Mon père, Rémy Lizart. Je n'en connais pas plus puisque ils ont perdu contact quand Gabriel sétait remarié.