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Charles Aznavour

Charles Aznavour

Charles Aznavour (Շառլ Ազնավուր en arménien), né Chahnour Vaghinag Aznavourian (Շահնուր Վաղինակ Ազնավուրյան) le 22 mai 1924 à Paris, est un auteur-compositeur-interprète, acteur, écrivain et diplomate français.
Il obtient en décembre 2008 la nationalité arménienne, lors de sa nomination au poste d'ambassadeur d'Arménie.
Pendant ses soixante-dix ans de carrière, Charles Aznavour a composé plus de mille deux cents chansons, chanté dans huit langues différentes.
Au total, le chanteur totalise aujourd'hui plus de 180 millions de disques vendus à travers le monde.
Il réside à Genève, en Suisse, où il est l'ambassadeur de l’Arménie et le représentant permanent de ce pays auprès de l'ONU.
Il est aussi, depuis 1995, représentant permanent de l'Arménie auprès de l'Unesco.

- Lu dans le CD "Chansons de films - Musiques de Georges Garvarentz"
"Georges Garvarentz était mon double, je ne pourrai jamais le remplacer" Charles Aznavour

La mère de Charles Aznavour a eu comme professeur de lettres Kevork Garvarentz.
• Ce poète, auteur de l'hymne national d'Arménie, a eu un fils en 1932, prénommé Georges.
• Lorsque la famille Garvarentz se fixe en France, Georges s'éprend d'Aïda Aznavourian, soeur de Charles, qu'il épouse le 17 septembre 1965.
• Il forma avec Charles un autre couple, artistique celui-là, puisque Georges compose les partitions de nombreux textes du chanteur : Prends garde à toi (1956), Et pourtant (1962), Il faut saisir sa chance (1962), Retiens la nuit (1962), Paris au mois d'août (1966)...
• Parallèlement, Garvarentz a mené une carrière de compositeur pour le cinéma à commencer par "Un taxi pour Tobrouk" en 1960.

"Mes premiers souvenirs de Georges Garvarentz remontent à 1956-1957. C'est par ma soeur, Aïda Aznavour, que j'ai fait sa connaissance". Elle me dit un jour: "J'ai rencontré un jeune compositeur très talentueux. Tu devrais travailler avec lui !". A priori, je n'écris pas spontanément de chanson avec un inconnu. Donc, j'ai confié à Garvarentz un texte auquel je ne tenais pas particulièrement. C'était une sorte d'essai, de test. Le résultat m'a aussitôt convaincu. Aïda ne s'était pas trompée. On connaît la suite : Georges Garvarentz a épousé mes textes et ma soeur.

Comment définir Garvarentz ?
• C'était un type très humain, altruiste, toujours prêt à aider les gens autour de lui, à solutionner leurs problèmes. Très vite, j'ai pris conscience de son rôle dans ma vie, celui d'un alter égo musical, d'un vrai frère de création. Quand il composait, il travaillait à la fois sur mes paroles et sur ma voix. IL avait toujours mon timbre, mon phrasé, ma tessiture bien en tête... Quand je découvrais sa musique avec mes mots, j'étais souvent surpris. Il me fallait une ou deux écoutes pour constater la justesse absolue de son travail. Si je devais imager, je dirais que Garvarentz ressemblait à une fontaine à mélodies. Les idées de thèmes lui venaient très facilement. En revanche, ce qui lui prenait du temps, c'était l'harmonisation. Ses musiques grouillent d'harmonies inattendues, de changements de tonalité qui vous donnent l'impression d'envolées extraordinaires. Dans plusieurs chansons, les modulations sont assez ahurissantes. En cela, Georges était un compositeur d'une grande richesse harmonique, qualité assez rare chez les mélodistes. Lui, c'était une pointure, mélodiquement et harmoniquement. Je crois qu'on peut parler d'une marque de fabrique, d'un sceau Garvarentz.

• Un point précis nous séparait : Georges se passionnait pour la musique de film, moi pas du tout. On est tributaire d'un metteur en scène, d'une situation, d'un minutage, etc. Moi, j'aime disposer d'une liberté totale. Georges, lui, trouvait sa liberté dans les contraintes de l'image, au service des autres. Il adorait dialoguer avec les cinéastes, les convaincre de la nécessité de tel ou tel tempo, de mettre en avant tel instrument soliste. Souvent, il les bousculait pour essayer de les emmener plus loin. Du coup, au départ, les relations étaient tendues. Les metteurs en scène montraient leur agacement: "Il veut prendre mon fauteuil ou qui ?". Généralement, très vite, ils comprenaient que Georges s'activait dans leur intérêt. Qu'il ne travaillait pas seulement à leur place mais qu'il pensait à leur place : où glisser la musique, comment la faire intervenir, à quel niveau la mixer par rapport aux dialogues et aux bruits. D'où des rapports d'amitié, de fidélité qui se sont forgés au fil des années avec Denys de la Patellière, Gilles Grangier, Sergio Gobbi ou Jean Marboeuf.

De mon point de vue, le lyrisme de Garvarentz a une saveur italienne. La saveur des grands compositeurs d'opéras. S'il l'avait souhaité, Georges aurait pu s'imposer comme un compositeur classique, de concert. Mais la chanson, le cinéma l'ont accaparé. Et puis, le classique ne nourrit pas son homme et pose un problème de diffusion: si Garvarentz avait écrit des symphonies, qui les aurait créées ? Dans quelles conditions ? Quel aurait été son public ? Parfois, je trouve frustrant qu'il ne nous ait pas laissé une oeuvre classique. Mais je me console aussitôt en me disant que certaines partitions de films (Caroline Chérie, La Lumière des Justes, Téhéran 43) forment, à leur façon, des suites symphoniques.

Georges est parti en 1992. "Quand je pense à lui, je suis forcément nostalgique. Pour une seule et bonne raison : on ne remplace pas son double."

http://www.charlesaznavour.com

Charles Aznavour, propos recueillis par Stéphane Larouge

Le 7 juillet 2013, Charles Azanvour, célébré ce dimanche par son pays d'origine, l'Arménie, qui dévoile une étoile posée à Erevan en son honneur lors d'une cérémonie officielle. "Cher et adoré Charles (...) nous dévoilons cette étoile qui porte ton nom et symbolise un grand Arménien et un grand artiste", a dit au chanteur de 89 ans le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian

Le 25 août 2017, Charles Aznavour a inauguré, à Los Angeles, une étoile à son nom.

Charles Aznavour reçoit son étoile sur Walk of Fame

Celle-ci brille au milieu des 2 617 autres astres incrustés dans le Walk of Fame, la promenade des célébrités de Los Angeles. Coïncidence ou pas, c'est à 2 pas de Little Armenia, le quartier arménien de la métropole californienne, où ce chanteur est considéré comme une icône. Il n'est que le 21e Français à être ainsi récompensé.

Charles Aznavour est mort le 1er octobre 2018 à Mouriès (Bouches-du-Rhône).

Il était auteur-compositeur-interprète, acteur et écrivain franco-arménien.

Sa carrière commencée en 1946, avec près de 1200 chansons interprétées: en français, anglais, italien, espagnol, allemand, arménien, napolitain, russe et dernièrement en kabyle.

Il a écrit ou coécrit plus de mille chansons, que ce soit pour lui-même ou d'autres artistes.

Il est l'un des chanteurs français les plus connus en dehors du monde francophone.

Sans renier sa culture française, il représente l'Arménie dans plusieurs instances diplomatiques internationales à partir de 1995, et obtient la nationalité arménienne en 2008.

Il est nommé au poste d'ambassadeur d'Arménie en Suisse, son pays de résidence, et le représentant permanent de ce pays auprès de l'ONU.

"Les parents de Charles, Charles lui-même et sa sœur  avaient par de petites actions pris part à la résistance", rappelle Jacques Deghirmendjian. "Ils avaient transporté des uniformes allemands, des armes, des choses qui peuvent paraître anodines mais valaient le peloton d’exécution en cas d’arrestation".

Ses parents hébergeaient des juifs, des résistants en fuite, dont Missak Manouchian. C’est avec lui que Charles Aznavour apprendra à jouer aux échecs, comme il le raconte dans l’ouvrage "A voix basse".

Les deux familles, nostalgiques de l’Arménie perdue, étaient très proches et le père Aznavour s’était même mis au service du résistant communiste et de son groupe des Francs-tireurs partisans.

"Le dernier des Manouchian"

Une époque importante pour Charles Aznavour. Il y a un an, lors de la cérémonie pour le 26e  anniversaire de la République d’Arménie, Jacques Deghirmendjian lui avait remis un mot de la part d’Arsène Tchakarian, "le dernier des Manouchian". Charles avait répondu en riant, "Ce n’est pas lui, c’est moi, parce qu’il était le plus jeune", se souvient le Président de la fédération.

Evidemment, durant les deux heures d’échanges, le 26 septembre dernier, ils ont parlé de Manouchian mais pas seulement. "On a parlé de tout et de rien. Un peu en Arménien. Il avait trouvé mon accent complètement déplorable.Il était bien, si ce n’est une douleur au bras", souffle Jacques Deghirmendjian, qui a besoin de "se pincer" tant il ne peut croire à sa disparition. "La communauté perd quelqu’un de la famille", et lui, "un grand frère". "J’étais dans le service d’ordre à l’église lors de son mariage avec Ulla en 1967" (Sa troisième et dernière femme).

Indissociable de la communauté arménienne

Mais selon cet Arménien très investi, la communauté perd aussi "un grand monsieur très précieux".

En 1988, après le tremblement de terre qui dévasta la région de Spitak en Arménie, Charles Aznavour s’était s’investi dans la cause arménienne et créa une fondation. "Son arménité" s’est révélée à ce moment-là, remarque Jacques Deghirmendjian. Il s’était rendu sur les ruines de Spitak, au bord des larmes.

Et le chanteur était toujours présent lors des grands événements qui réunissaient la communauté arménienne.

Charles Aznavour reçoit dans son bureau à Paris les membres du bureau de la FCRFA (Fédération des Combattants et Résistants Franco-Arméniens).
Il signe la Patente de Président d’Honneur et sa carte de membre de la FCRFA.
Il est également le Parrain de l’association.

(Merci à Monsieur Haroutiounian pour ces 4 dernières photos.

Elles nous permettent de rendre un dernier hommage à ce grand Chanteur.

Merci aussi à Monsieur Le Ster-Degouy pour avoir mis ces 5 images.)

Mercredi prochain, tous s’attendront à le retrouver à l'hôtel interContinental de Paris pour commémorer la fête Nationale de l’indépendance de l’Arménie.
Hélas, il ne sera pas là,… sauf dans nos cœurs.

Pour regarder et diffuser le clip Pour toi, Arménie

Charles Aznavour
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